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Répu
La république, res publica, la chose publique en latin littéral, c'est notre bien commun.
Nous vivons sous ce régime qui a son lieu au centre de Paris, comme un repère, ou un repaire, la place de la République située à l'intersection de trois arrondissements assez denses en population, le 3ème, le 10ème et le 11ème.
«Répu», pour les intimes, a toujours été un lieu de retrouvailles, petites ou grandes lors des meetings ou des manifestations. Restaurée en 2013 pour la rendre aux piétons, elle est plus accueillante et propice à la balade, aux activités de plein air et aux rencontres.
A Répu, toutes sortes de gens se côtoient et hormis les touristes de passage, la société française urbaine y apparaît dans sa diversité: lycéens, étudiants, skateurs (nombreux), bobos affairés, marginaux, trentenaires écolos, sdf, partagent cet espace relooké avec quelques vieux du quartier.
Selon une étude préalable au réaménagement réalisée pour la Ville de Paris en 2008, ses usagers y sont plus jeunes que dans le reste de la capitale mais moins diplômés, avec un taux de chômage assez élevé ou au contraire, plus diplômés avec une présence importante de cadres supérieurs.
Douze ans après cette étude, ce contraste sociologique semble perdurer.
Depuis quelques années, la République française se pose des questions sur son modus vivendi, son identité, son avenir, sujets complexes sur lesquels chacun doit avoir ses propres réponses.
A Répu, force est de constater, lorsqu'on y vient régulièrement, que l'ascenseur social fait des bugs et que pour certains il a été absent : ceux-là n'avaient plus que des marches à gravir, trop hautes et trop nombreuses visiblement.
La statue monumentale, qui trône au centre de la place, arbore les vertus canoniques de la république: pax, labor, paix et travail en latin (pour en valider le côté ancestral) ainsi que les intangibles Liberté Egalité Fraternité, mais a l'air d'un berger guidant un troupeau disparate.
A Répu on croise beaucoup de jeunes, certes, mais aussi beaucoup de «sans grade» et sans âge visiblement abandonnés par la vie et par la République dont le message de 25 mètres de haut inauguré en 1883 ne semble plus très lisible.
Mars 2020.
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