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La photographie n’est pas une affaire de calcul et de stratagème.
C’est, d’abord une certaine acuité du regard et une ouverture au monde.
Henri Cartier-Bresson disait: « mais qu’est-ce que c’est que tous ces types qui veulent devenir des grands photographes, qu’ils commencent donc par vivre ! »

Pour moi, la photographie a été "inventée" par les Romains, avant Nicéphore Nièpce.
Les augures de la Rome antique traçaient un cadre dans le ciel qu’ils appelaient le templum et attendaient que des oiseaux y passent dans un sens ou dans un autre pour en tirer des conclusions utiles pour la Cité et décider de construire, par exemple, un temple à l’aplomb du templum que nous pouvons encore con-templer.
De bon ou de mauvais augure, ce cadre était porteur de sens et c’est pour moi la symbolique du liseré noir qui a entouré mes images jusqu'en 2012, mon « templum photographique » où le cadre, ouvert sur la nature, écrit avec la lumière.
Ce liseré, qui est en fait le bord du négatif, attestait de ce qui avait été sans recadrage ultérieur.
Le photographe péripatéticien  crée dans un élan, comme dans l’Action-painting de Pollock, ça passe ou ça casse; une lenteur, une hésitation, un mot ou un pas de trop et c’est fichu!
Pour Marc Riboud, la devise du photographe, c’est « bon pied bon œil », certes, mais il faut avoir le pied léger et ne pas faire fuir ce que la vie nous offre.
Photographier peut-être très agressif, et le matériel handicapant. Le numérique qui, par ailleurs, offre de nouvelles opportunités, transforme son utilisateur en touriste  qui « mitraille », le bras tendu et l’œil rivé sur l’écran, les chefs-d’œuvre du Louvre qu’il ne regarde pas.
L’argentique, qui a un coût, rend plus attentif et mesuré, c’est une « philosophie » de pêcheur à la ligne. Il faut savoir attendre, craindre d’avoir raté quelque chose.
Depuis janvier 2013 mon comportement photographique a changé.
Les bonheurs et aléas de l'existence me rendant moins disponible pour des "images à la sauvette", j'ai opté pour le portrait et un rendez-vous avec le sujet.
Je me balade, maintenant, dans son regard qui réclame, encore, une réactivité décisive.
En noir et blanc argentique, ces visages ne se révellent qu'au bout d'un temps, celui de la mise en oeuvre et c'est tant mieux.
Quelqu’un a dit que dans l’amour, le meilleur moment c’est quand on monte l’escalier.

B. Drouillet


 

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